Cyril Coupaud : Principal républicain

Allez, osons d’emblée le terme, "ascension sociale grâce à l’école républicaine ". C’est bien de cela dont il s’agit quand on s’entretient avec le Principal du collège Paul Éluard.

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Cette ascension réalisée par ce fils de femme de ménage et de père guichetier. Son parcours scolaire est plutôt bon, jusqu’en 5ème où il perd pied et où un professeur va lui redonner confiance et lui permettre d’accomplir un sans-faute jusqu’au CAPES. Il devient professeur de français et d’anglais en Charente, puis professeur de Lettres et passe une certification complémentaire pour enseigner le théâtre aux élèves, son autre passion avec l’enseignement.

« Je fais le métier que j’ai choisi. J’ai toujours préféré enseigner dans les établissements où l’on avait besoin de moi plutôt que dans les beaux quartiers. Cela donne du sens à mon travail. ». M. Coupaud devient proviseur adjoint en 2009 pour « être acteur de l’intérieur, être acteur des changements. J’ai appris mon nouveau métier de direction et quand je me suis senti prêt j’ai pris la direction d’un collège défavorisé dans la périphérie de Châtellerault. » Son crédo reste le même, établissement après établissement, redonner confiance aux enfants qu’on stigmatise un peu trop.

Ce passonnié de marche à pied arrive à Paul Éluard en 2017 et perd son flegme légendaire quand on critique son établissement : « Oui, nos enfants évoluent dans un contexte difficile mais ce sont des gamins sympas, volontaires. Je ne supporte pas la présentation injuste qui est faite du collège. » Pourquoi ? « Tout ce qui est fait ici est fait dans l’intérêt des élèves et de leurs familles. »

Du mérite
Dès sa prise de fonction, Cyril Coupaud s’attaque au Projet pédagogique et éducatif d’établissement, travaille en concertation avec les (souvent jeunes) enseignants, met un frein au turnover du personnel, impose avec l’équipe la parité au Conseil de Vie Collégienne , initie un travail sur l’égalité filles-garçons, met en place une cérémonie des mérites qui récompense les bons élèves mais aussi ceux qui ont fait montre de volontarisme, de solidarité et d’engagement dans la vie du collège. « Nous travaillons beaucoup ici, je demande énormément à mes deux adjoints sans qui tout ne se ferait pas, je le sais et je les en remercie. Les équipes sont vraiment à la tâche pour accompagner les élèves ».

Alors que le taux de réussite du brevet baisse dans les établissements en Réseau d’Éducation Prioritaire, ici, il passe de 73 à 76,3%. La particularité de Paul Éluard est de recevoir pour moitié des élèves de Fleury-Mérogis et de Sainte-Geneviève-des-Bois. « Les dissensions entre les jeunes ne pénètrent jamais dans l’établissement. Les élèves ont compris que ce lieu est un sanctuaire pour eux, c’est l’une de mes grandes fiertés. »

Le ton devient plus solennel encore lorsqu’on évoque le drame de Conflans : « Nous le vivons très mal. Un homme est mort, un enseignant est mort et un symbole de notre République a été touché. » Le principal était là le jour de l’hommage à Samuel Paty à l’Hôtel de Ville mais il sait bien que c’est un travail au long cours qui doit être mené. « J’espère que ce drame va rapprocher les Français de notre institution. On ne peut faire ce métier si on ne porte pas des valeurs profondes de respect mutuel et de tolérance. »

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